Vendredi 4 juillet 2008

Flash back d'une petite semaine (I wish I had a time machine to come back 7 days before!)

Parc des Princes, vendredi 27 juin 2008, 20h50.

Les premiers membres du E.Street rentrent en scène sous la clameur de la foule qui depuis des heures, pour certains, attendent de les voir arriver. Comme à son habitude, Bruce est le dernier à apparaître et bien sûr les « Bruuuuuuuce » redoublent d’intensité. Il empoigne sa telecaster et attaque directement par un "Adam raised a Cain" qui rappellera bien des souvenirs aux spectacteurs du " Tunel of love Tour"» (p... 29 ans déjà !) puisque c’est aussi par ce morceau qu’il avait débuté son show à Vincennes en 1988 et ravira les "vieux fans" qui comme moi aime bien aussi entendre des morceaux… D’un autre siècle !

Cinq minutes plus tard (et bond dans le temps de plus de 30 nans !), changement de guitare on passe  une autre telecaster, sunburst celle là et ce sont les premiers accords d’un « Radio Nowhere » enragé qui se font entendre. Bruce est souriant, visiblement ravi de la réaction du public qui déjà est « à fond ». Difficile de rester assit en écoutant ce morceau. Je jette un (très) rapide coup d’œil sur les places assises des gradins : presque tout le monde est (déjà !) debout !!!

 

 

“No Surrender” de l’album "Born In The Usa" (2004) suit à un rythme rapide, duo sur le refrain avec Little Steven puis solo à 4 mains avec un Nils Lofgren en très grande forme ! A peine le temps de réaliser que le 3e morceau s’achève mais, pour me remettre les pieds sur terre, on me tapote le mollet : « Over guy, you should leave now ! » me rappelle le bras droit du responsable de la sécurité… Putain, que ne donnerais-je pas pour ne pas remballer mon téléobjectif !?! Mais, il est plus prudent de ne pas discuter si je veux qu’il y ait "une autre fois" et je range donc sagement mon matériel dans mon sac et le laisse à Harry, qui lui sera le seul photographe autorisé à rester durant tout le concert. Je remercie Jerry (espérant secrètement qu’il "fasse un geste"), en vain ! Je suit, comme à l’aller, la file indienne des photographes professionnels qui eux, leur boulot terminé, quitte le stade. Quant à moi, j’oblique vers la scène, prêt à présenter mon billet à la sécurité si nécessaire et me retrouve à moins de 5 mètres de la scène, tandis que Bruce embraye sur « The Promised Land ».

“Spirit In The Night”, “Rendez-vous”, “Candy's Room”, “Atlantic City”, “Janey Don't You Lose Heart” suivent à un rythme soutenu. Autant de “vieilleries” qui ravissent les "anciens” et déconcertent sans doute les plus jeunes, peu habitués à ces morceaux des 70’s. Excusez-moi de revenir (une fois de plus !) sur cette notion d’age, mais en écrivant ses lignes je réalise que ces plus jeunes n’étaient pour la plupart pas nés quand ces morceaux ont été créés !!!

 

 

"Darlington County”, second morceau de l’album “Born In The Usa” remet les pendules à l’heure pour tout le monde et, jeunes ou “vieux”, c’est la folie autour de moi ! Bruce n’arrête pas de se déplacer sur toute la longueur de la scène et l’interaction avec son public est plus forte que jamais. Il nous sourit, nous pointe du doigt, serre des mains, se laisse palper les chevilles et mollets par les premiers rangs. Des caméras d’épaules maniées par deux brillants opérateurs (dont une femme, ce qui est assez rare pour être noté) retransmettent sur deux écrans géants (et très étroits verticalement) des images qui participent à l’ambiance. Après avoir ignoré pendant des années le pouvoir de l’image (comme nous le prouve ses malheureusement très rares vidéos live des années 70 et 80), Bruce s’est habitué à la caméra, mieux, il joue maintenant avec elle, lui adresse ses fameuses mimiques et autres grimaces qui amuse et font sourire le public. C’est d’ailleurs une des choses qui me frappe (aussi) : cette bonne humeur qui m’entoure, cette ambiance légère, une ambiance de fête entre copains. Ce type de 58 ans (mais qui en parait facilement 10 de moins !) nous transmet sa générosité, sa sincérité. C’est aussi çà une des raisons de son succès international et de sa longévité artistique exceptionnelle. Après plus de 30 ans à arpenter toutes les scènes du monde, ce gars là n’est pas blasé, bien au contraire, il semble prendre encore plus de plaisir (si c’est possible !?!) que par le passé. Le tout dans un esprit bon enfant, bien loin du "star système" qui règne généralement dans le milieu de la musique Rock.

Bien sur, pour des raisons de sécurité essentiellement, Bruce n’est pas facilement approchable pendant ses tournées, mais il suffit de le voir quelques secondes sur scène, si proche de nous, et pas simplement physiquement, pour comprendre, deviner, ressentir, que ce type est resté simple et naturel et que l’on pourrait parfaitement se retrouver à la terrasse d’un café en été à discuter avec lui.

 

 

 

“Because The Night” le morceau écrit pour Patty Smith est revisité et donne l’occasion à Nils de s’éclater sur un magnifique solo (dommage que le son soit si mal réglé…). "She’s The One" suit puis, second morceau du dernier album, "Livin' In The Future" aussitôt enchainé avec un "Mary's Place" qui ne retrouvera pas la magie et le coté festif de la version entendu en salle à Bercy en décembre. "Fire" est le premier morceau choisi "sur demande" par la foule au pied de la scène. Bruce attrape une brassée de pancarte et se décide pour "Fire" qui donnera l’occasion (rare !) d’un beau quiproquo avec Max Weinberg qui attaque sans hésitation aucune l’intro de… "I’m On Fire" et est aussitôt suivit par tout le groupe avant que le Boss n’y remette bon ordre. " « No, Not "I’m On Fire" Max, ...  Fire ! ” » ricane Bruce de son rire-gloussement caractéristique, amusé par la confusion et le remettant  tout sourire sur dans le droit chemin.

Petit break pour le groupe, Bruce s’installe seul au piano et nous interprète une version (un peu longuette à mon goût) de « For You » qu’il nous présente dans son français toujours teinté de cet étonnant accent du sud, quasi mexicain « Je suis venu pour vous… Pour vous ».

Le retour des E.Streeters marque un dernier morceau intimiste, sans doute un des plus célèbre de Springsteen et attendu par une majorité de spectateurs : "The River" puis, sans transition aucune, on attaque "la grosse artillerie" avec "The Rising" suivit d’un "Last To Die" moins rentre dedans mais c’est pour mieux souffler avant un superbe "Long Walk Home" et " Badlands" hymnes Springsteenien (récent ou ancien) par excellence et un "Out In The Street"  tout aussi joyeux que la version de l’album "the River" de 1981 et qui n’a (quant à lui), pas pris une ride.